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Premiers secours après une noyade : que faire dès la sortie de l’eau ?

Après une noyade, les premiers secours consistent à alerter immédiatement les secours, sortir la victime sans vous mettre en danger, vérifier sa conscience…

Par · Publié le · ⏱ 11 min

Après une noyade, les premiers secours consistent à alerter immédiatement les secours, sortir la victime sans vous mettre en danger, vérifier sa conscience et sa respiration, puis commencer les gestes adaptés. En France, l’alerte peut être donnée au 15, au 18 ou au 112. Une asphyxie liée à l’immersion peut devenir fatale en quelques secondes ou minutes, selon l’Ordre de Malte France. Voici comment agir jusqu’à l’arrivée des secours, puis surveiller une éventuelle aggravation retardée.

Comprendre ce qui se passe pendant une noyade

La noyade est une détresse respiratoire provoquée par une immersion ou une submersion dans un liquide. Le danger immédiat vient du manque d’oxygène, et non d’une quantité d’eau qu’il faudrait chercher à expulser avant d’agir.

L’eau gêne ou bloque la respiration. L’organisme entre alors en hypoxie, c’est-à-dire qu’il ne reçoit plus assez d’oxygène pour faire fonctionner normalement le cerveau, le cœur et les autres organes. L’Ordre de Malte France distingue généralement deux types et quatre stades de noyade, mais ces classifications ne doivent jamais retarder l’alerte ou les gestes qui sauvent.

Les signes sont variables : une personne peut tousser et rester consciente, présenter une respiration difficile, perdre connaissance ou ne plus respirer normalement. L’accident peut survenir en mer, dans une piscine ou dans tout autre point d’eau. Une victime silencieuse et peu mobile peut être en détresse, même si elle ne crie pas et ne fait pas de grands gestes.

Il n’existe pas de durée universelle pendant laquelle un humain pourrait survivre à une noyade. L’asphyxie peut être fatale en quelques secondes ou minutes, mais l’évolution dépend notamment des circonstances de l’immersion et de l’état de la personne. Chaque seconde compte, sans qu’une durée supposée autorise à abandonner les secours.

Donner l’alerte et aider sans créer une seconde victime

Prévenez immédiatement les secours. Sur une plage surveillée, alertez également le poste de secours ou un nageur-sauveteur, en indiquant précisément où se trouve la victime.

Si plusieurs témoins sont présents, désignez une personne : « Vous, appelez le 15, le 18 ou le 112 et revenez me confirmer que l’appel est passé. » Cette formulation évite que chacun pense qu’un autre témoin s’en charge. Donnez à l’opérateur :

  • le lieu exact de l’accident et le moyen d’y accéder ;
  • le nombre de victimes ;
  • la situation dans l’eau ou hors de l’eau ;
  • l’état de conscience apparent ;
  • la présence ou l’absence d’une respiration normale ;
  • les premiers gestes déjà commencés.

Ne raccrochez pas avant que l’opérateur vous le demande. Mettez le téléphone sur haut-parleur si cela vous permet de poursuivre la prise en charge tout en recevant ses instructions.

Pour aider une personne encore dans l’eau, commencez depuis un endroit stable. Tendez une perche, lancez un objet flottant ou utilisez un dispositif de sauvetage disponible. Une personne qui se noie peut s’agripper avec une force désordonnée et entraîner son sauveteur sous l’eau.

Entrer dans l’eau sans formation, sans matériel et sans marge physique suffisante peut transformer un accident en double noyade. Le dégagement direct doit idéalement être réalisé par un nageur-sauveteur formé, notamment en présence de houle, d’un courant d’arrachement ou d’une victime agitée.

Les trois priorités peuvent se résumer ainsi : protéger, alerter, secourir. Protégez-vous et sécurisez autant que possible la zone, appelez les secours, puis réalisez les gestes adaptés à l’état de la victime.

Évaluer la conscience et la respiration dès la sortie de l’eau

Une fois la victime sortie, installez-la sur une surface stable, hors de la zone atteinte par les vagues ou les mouvements d’eau. Vérifiez immédiatement si elle réagit et si elle respire normalement.

Parlez-lui clairement et demandez-lui d’effectuer une action simple. Si elle ne répond pas, libérez ses voies aériennes selon les indications apprises en formation, puis observez sa respiration pendant quelques secondes. Regardez si la poitrine se soulève, écoutez les bruits respiratoires et recherchez le passage de l’air.

Un souffle irrégulier, rare ou bruyant ne correspond pas forcément à une respiration efficace. En cas de doute, décrivez exactement ce que vous voyez à l’opérateur du 15, du 18 ou du 112. Ses indications permettent d’adopter sans délai la conduite appropriée.

La suite dépend de deux situations :

État constatéAction prioritaireSurveillance
La victime est inconsciente mais respire normalementMaintenir les voies aériennes dégagées et la placer en position de sécuritéContrôler continuellement sa respiration
La victime ne respire pas normalementCommencer la réanimation guidée par les secoursContinuer jusqu’à une reprise respiratoire ou au relais des professionnels
La victime est conscienteLa laisser au repos, la protéger du froid et demander un avis aux secoursObserver sa respiration, son comportement et toute aggravation

Ne suspendez pas les gestes pour essayer de vider les poumons ou de faire sortir l’eau en comprimant l’abdomen. Cette manœuvre retarde l’oxygénation et peut provoquer des complications. La priorité reste une respiration efficace et, lorsqu’elle manque, la réanimation.

Si la victime respire mais reste inconsciente

Une victime inconsciente qui respire normalement doit être placée en position latérale de sécurité. Cette position aide à maintenir les voies aériennes ouvertes et limite le risque d’obstruction par des liquides présents dans la bouche.

Retirez avec prudence ce qui est clairement visible et facilement accessible dans la bouche. N’effectuez pas de recherche profonde avec les doigts. Desserrez les vêtements qui gênent manifestement la respiration, puis couvrez la victime pour limiter son refroidissement, sans masquer son visage ni gêner votre observation.

Restez auprès d’elle et vérifiez régulièrement que sa poitrine se soulève. Une respiration qui devient anormale impose de remettre la victime sur le dos et de commencer la réanimation, en suivant les consignes de l’opérateur.

Un choc contre un rocher, une planche, le bord d’une piscine ou le fond peut faire suspecter un traumatisme. Signalez-le aux secours et évitez les déplacements inutiles. La nécessité de maintenir les voies aériennes dégagées et de préserver la respiration reste toutefois prioritaire.

Ne donnez ni boisson ni nourriture, même si la victime reprend connaissance. Gardez-la au repos et ne la laissez pas repartir seule. Une récupération apparente ne permet pas d’écarter une atteinte respiratoire.

Si la victime ne respire plus normalement

Commencez la réanimation sans attendre. Après une noyade, les insufflations ont une place importante, car l’arrêt est généralement précédé d’un manque d’oxygène.

Allongez la victime sur le dos, sur un plan ferme. Dégagez les voies aériennes et réalisez les insufflations indiquées par l’opérateur ou enseignées pendant votre formation. Lors d’un bouche-à-bouche efficace, la poitrine se soulève visiblement, sans insufflation excessive.

Poursuivez ensuite avec le massage cardiaque. Assurance Prévention indique une alternance de 30 compressions thoraciques et 2 insufflations, jusqu’à la reprise de la respiration ou l’intervention des secours. Placez vos mains au centre de la poitrine et laissez la cage thoracique reprendre sa position après chaque compression.

Demandez qu’un défibrillateur soit apporté s’il est disponible. Mettez-le en marche, placez les électrodes comme indiqué et suivez ses instructions vocales. Le défibrillateur analyse lui-même le rythme cardiaque ; son utilisation ne remplace ni les compressions ni les insufflations lorsqu’elles sont demandées.

Chez un enfant ou un bébé, la technique, la position des mains et la force appliquée diffèrent. Les sources du dossier présentent plusieurs mesures et enchaînements selon l’âge et le contexte, ce qui rend dangereux le choix d’un protocole chiffré improvisé. Suivez votre formation et les instructions en temps réel de l’opérateur.

Si vous ne savez pas réaliser le bouche-à-bouche, dites-le immédiatement au service de secours. L’opérateur vous guidera selon la situation. Un geste commencé et corrigé vaut mieux qu’une attente sans action, tant que la scène est sûre.

Continuez jusqu’à ce que la victime recommence à respirer normalement, qu’un professionnel prenne le relais ou que vous ne puissiez physiquement plus poursuivre. Si la respiration reprend, interrompez les compressions, contrôlez-la et placez la victime en position latérale de sécurité si elle reste inconsciente.

Surveiller la respiration après une récupération apparente

Une victime consciente ou qui semble avoir récupéré doit encore faire l’objet d’un avis des secours. L’amélioration immédiate n’exclut pas une complication respiratoire retardée.

Restez attentif à une toux qui persiste, une respiration rapide ou difficile, une douleur ou une gêne thoracique, une fatigue inhabituelle, des lèvres dont la coloration change, une somnolence ou un comportement différent de l’état habituel. Une confusion, une difficulté à parler normalement ou une aggravation progressive mérite également une alerte rapide.

Le SDIS 76 recommande de prévenir rapidement les secours lorsqu’un enfant paraît différent de son état habituel plusieurs minutes après l’incident, notamment s’il présente des symptômes. L’Ordre de Malte France signale que des manifestations peuvent aussi apparaître quelques heures ou quelques jours après la sortie de l’eau et avoir de graves conséquences.

Cette surveillance ne consiste pas à attendre chez soi qu’un symptôme devienne sévère. Décrivez l’immersion et les signes observés au 15, au 18 ou au 112, puis suivez l’orientation donnée. Si l’état change après un premier avis, rappelez immédiatement.

Notez, si vous le pouvez sans retarder les gestes, les circonstances de l’accident, la durée approximative de l’immersion si elle est connue, l’évolution de la conscience et les gestes effectués. Ces éléments aideront les équipes médicales à comprendre la situation à leur arrivée.

Réduire le risque avant l’accident

La meilleure chaîne de survie commence avant l’entrée dans l’eau. À Oléron, choisissez la zone de baignade surveillée et consultez la flamme de baignade, les indications du poste de secours, la houle, le vent et la marée avant de vous engager.

En piscine, la surveillance d’un enfant doit être active, proche et continue. Une barrière, une alarme ou une couverture conforme réduit certains risques, mais aucun dispositif ne remplace la présence attentive d’un adulte. Après la baignade, retirez les objets flottants susceptibles d’attirer un enfant et remettez les protections en place.

En mer, identifiez votre point de sortie avant de nager et observez régulièrement sa position. Un vent de terre peut éloigner rapidement un pratiquant sur un objet flottant. Une baïne, bassin formé dans le sable, peut produire un courant d’arrachement qui entraîne vers le large lorsqu’elle se vide.

L’apprentissage de la nage, l’aisance aquatique et une formation pratique aux gestes de premiers secours renforcent la prévention. Un article aide à ordonner les réflexes, mais seul un entraînement encadré permet de répéter la réanimation, les insufflations et l’usage d’un défibrillateur dans des conditions proches d’une intervention réelle.

Après une noyade, l’ordre des actions doit rester simple : sécuriser, alerter, vérifier la respiration et agir selon l’état de la victime. La sortie de l’eau ne marque pas la fin du danger, car une gêne respiratoire ou un trouble du comportement peut apparaître après une amélioration trompeuse. Retenez surtout qu’un appel précoce au 15, au 18 ou au 112 vous donne à la fois du renfort et un guidage immédiat. Une formation régulière aux gestes qui sauvent constitue la suite la plus utile pour transformer ces repères en réflexes fiables.

Questions fréquentes

Quels sont les premiers secours à accomplir en cas de noyade ?

Appelez le 15, le 18 ou le 112, sortez la victime sans vous exposer, puis vérifiez sa conscience et sa respiration. Placez-la en position latérale de sécurité si elle respire mais reste inconsciente, ou commencez la réanimation si elle ne respire pas normalement.

Combien de temps une personne peut-elle survivre à une noyade ?

Il n’existe aucune durée universelle : l’asphyxie peut devenir fatale en quelques secondes ou minutes. Commencez ou poursuivez les secours sans tirer de conclusion de la durée supposée de l’immersion.

Faut-il faire sortir l’eau des poumons avant le bouche-à-bouche ?

Non. Ne comprimez pas l’abdomen et ne suspendez pas la réanimation pour tenter de vider les poumons ; libérez les voies aériennes, réalisez les insufflations et suivez les instructions des secours.

Une victime qui tousse mais se sent mieux doit-elle être examinée ?

Oui, demandez l’avis des secours après une noyade, même si la victime est consciente et semble rétablie. Une toux persistante, une gêne respiratoire, une fatigue anormale ou un changement de comportement peut annoncer une complication retardée.

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Rédaction en chef · spécialité Secourisme aquatique

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